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Brûlée Vive – Questions brûlantes

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Les livres écrits par des femmes Arabes atteignent rarement une audience internationale. Le récit de Souad, survivante d'un crime d'honneur en Cisjordanie, est exceptionnel.  

Publié en France en 2003, fortement acclamé, il s’avère maintenant un succès de librairie international. L’histoire est racontée par Souad, lequel est un pseudonyme, et Jacqueline Thibault, une ancienne employée de Terre des Hommes qui l’aida à s’enfuir du Moyen-Orient.

Les voix de la Cisjordanie nous parviennent rarement et ce texte fait le récit d’un témoignage poignant : ‘une femme là bas n’a pas de vie. Beaucoup de filles sont battues, maltraitées, étranglées, brûlées, tuées.  Pour nous, là-bas, c’est tout à fait normal. Si j’avais vécu là-bas, je serais devenue normale, comme ma mère qui a étouffé ses propres enfants... Maintenant, je pense que c’est monstrueux! Mais si j’étais restée là-bas, j’aurais fait pareil!’

Souad déclare qu’elle ne fut jamais opprimée par les Israéliens, mais qu’elle a survécu à plusieurs attentats sur sa vie par des compatriotes Arabes.
 
Lors de la présentation de Brûlée Vive en première page, le Daily Telegraph britannique souligna que le récit présentait les Palestiniens de la Cisjordanie comme des « bêtes sauvages ». L’Express défini le document comme un « cri de guerre ». 

Personne ne s’est interrogé sur le récit de Brûlée Vive et de la possibilité qu'il soit faux.  

Très peu de gens savent que les auteures de Brûlée Vive ont changé leurs récits au fil des ans et que plusieurs évènements rapportés dans Brûlée Vive n'ont pas pu se produire puisqu'ils sont physiquement impossibles.


Histoires précédentes

À l’origine, avant que ce livre ne soit publié, Souad témoigna sous le nom « d’Enam ». Enam était une innocente bergère. Elle fut présentée au public comme « une fille que sa propre famille cherchait à tuer...Elle était soupçonnée d'avoir un ami, alors qu'elle devait bientôt se marier ». (Cela a été  publié dans Le Temps le 20 novembre 2001.)

Ce qui est tout à fait différent du récit décrit dans Brûlée Vive, dans lequel elle est une fille séduite, menacée parce qu’elle était enceinte. Le bébé de Souad, qui joue un rôle touchant dans Brûlée Vive, est un ajout tardif à l’histoire. En réalité, Souad avait précédemment déclaré qu’elle avait subi une attaque des villageois en raison d’une fausse rumeur.  Elle était la plus vierge des vierges - comme elle raconte au magazine Elle en décembre 2001 : « Si, au moins, j’avais été amoureuse ! S’exclame-t-elle.  Mais il n’y avait rien.  Je suivais parfaitement la tradition, je portais un voile … Pourquoi a-t-on raconté cela? » Elle était tourmentée et se questionnait à ce sujet tous les jours.

Dans Brûlée Vive, elle est tout aussi passionnée et convaincante dans le rôle de la fille séduite qui était une mère célibataire. Comme le déclare la couverture du livre : « Souad a dix-sept ans, elle est amoureuse ».Elle déclare que, jusqu’à ce jour, elle se demande encore comment son amant a pu l’abandonner alors qu’elle était enceinte: « sachant parfaitement qu’il nous condamnait à mort tous les deux.  Dire que j’avais aimé cet homme et tant espéré de lui! »


Le problème de crédibilité

D’examiner toutes les contradictions des récits de Souad prendrait beaucoup de temps. Il y a un nombre étonnant d’erreurs et d’élaborations.  Je ne donnerai, ici, que quelques exemples des entrevues de la presse écrite, où les références peuvent facilement être vérifiées. Ses entrevues à la radio et la télévisions sont encore plus préjudiciables pour sa crédibilité.

Dans une entrevue accordée en Suisse en 2004, Souad se fait questionner au sujet de la signification symbolique du masque blanc qu'elle porte pendant ses entrevues.  Souad annonça qu'elle porte du blanc: « Peut-être, parce que dans le passé, dans mon village, je portais toujours du noir. »  

Dans Brûlée Vive, elle dit tout le contraire. Elle mentionne que les filles étaient vêtues de « robes longues, à manches courtes, c’était un genre de coton, gris, parfois blanc, très rarement noir…» (20) Le noir est l’une de ces couleurs préférées.  « Alors j’aime le rouge, le vert, …le noir, le marron, toutes les couleurs qui m’étaient interdites. » (165).

Quel type de femme oublie les vêtements qu’elle portait dans sa jeunesse ? Peut-être le genre de femme qui oublie le visage de son père.

Lors d’une entrevue pour La Vanguardia, le 29 novembre 2003, Souad explique que lorsqu’elle a rencontré Jacqueline Thibault pour la première fois, elle était stupéfiée, n'ayant jamais vu de femme blonde dans sa vie. « Je l’ai vu, tellement blonde, si lumineuse, que j’ai cru qu’elle était Dieu. »

Cela semble tiré d’un épisode d’une histoire pour enfants sur l’Afrique coloniale, tel que Les mines du roi Salomon.  L’indigène ignorant est si étonné à la vue d’un visage pâle, qu’il est prêt à adorer un Européen.   

L’histoire est une fable évidente et complètement déplacée en Cisjordanie dans les années 1970.  Les gens au teint et aux cheveux pâles sont très communs dans la région. Souad devrait savoir cela, puisque dans Brûlée Vive, elle commet une erreur tout à fait amusante en décrivant son père comme étant l’une de ces personnes.

« Je le vois bien, ce père.  Lui, je ne pourrai jamais l’oublier, comme s’il était photographié dans ma tête … il a le teint très blanc avec des taches rousses … et des yeux bleus très méchants. » Dans Brûlée Vive, il est une créature pâle, « un peu albinos. »

Personne ne peut déclarer un jour être la fille d’un être sinistre presque albinos et un autre jour déclarer n’avoir jamais vu de personne pâle dans sa vie.  Voici de très bonnes histoires, mais elles ne correspondent pas.


Vie réelle

On a déclaré que Souad, ayant été attaquée par sa famille, fut conduite à un hôpital en Cisjordanie, souffrant de brûlures au troisième degré sur tout son corps.  Elle y séjourne pendant six semaines « sans soin » alors que le personnel médical espère qu’elle meurt. « Je n’avais rien mangé ni bu depuis que j’étais là.  … J’avais compris qu’on me laissait mourir ». Les auteures de Brûlée Vive mentionnent en toute confiance : « je trouve insupportable de “laisser crever” une jeune fille sous prétexte que c’est la coutume! »  

Le problème avec cette histoire c’est qu’une personne ayant subi des brûlures au troisième degré sur plus de la moitié de son corps nécessite des soins immédiats et sans ces soins, elle ne peut pas survivre.  

Jusqu’en 2002, Jacqueline déclare pendant ses entrevues que l’hôpital où elle trouva Souad était à Ramallah. Cependant, en 2004, les auteures déclare au journal hollandais De Morgen que Jacqueline a trouvé Souad dans un « hôpital à Bethléem… complètement brûlée au troisième degré, où aucun soin ne lui avait été donné pendant plusieurs semaines. Aucun désinfectant et aucun soin… » Pour ajouter une autre version d’évènements, dans Brûlée Vive, l’emplacement de l’hôpital est laissé sans nom, mais elles déclarent que Jacqueline organisa le transport de Souad de là, à Bethléem, afin qu’elle reçoive les soins appropriés dans un hôpital fondé par des chrétiens.   

L’hôpital où Souad fut presque tuée peut se déplacer sur la carte, tout comme l’île flottante Logris. Pourquoi pas ? Après tout, c’est un endroit imaginaire. Il n'existe aucun hôpital dans le monde où une personne ayant subie des brûlures extensives au pétrole pourrait survivre en l'absence de soins. Habituellement, une victime de brûlures au pétrole meurt si elle n’est pas admise aux soins intensifs dans un délai d'une heure. La victime subie une perte quasi total des fluides corporelles et est dans un état grave. La victime en question ne peut certainement pas survivre six semaines sans eau.


Le meurtre d'Hanan

Souad déclare avoir été témoin de plusieurs meurtres.  Les comptes rendus de ces évènements ont fait frémir les audiences, mais personne ne leur a donné une étude objective minutieuse.

L’un des traumas subit par Souad fut d’être témoin d’infanticides. Elle vit sa mère donner naissance et tuer les nouveau-nées parce qu’elles étaient des filles. Au cours d'une entrevue en 2003, un journaliste d’ANSA releva que: « Souad…se souvient parfaitement comment sa mère a étranglé deux nouveau-nées parce qu’elles étaient des filles. » Dans Brûlée Vive, Souad ne peut résister à la tentation d’ajouter deux infanticides à son souvenir.  Il y a peut-être eu un troisième infanticide : « Je l’ai vu faire une première fois, puis une deuxième, je ne suis pas sûre d’avoir assisté à la troisième, mais je l’ai su. »

Après la publication du livre, la station de télévision allemande zdf, publie une entrevue admirant le comportement stoïque de Souad: « La tentative d’assassinat de la famille fut seulement l’une des cruautés dont elle a souffert.  Laconiquement, elle dit comment elle a vu sa mère tuer quatre ou cinq de ses sœurs, immédiatement après la naissance.»  Cette entrevue était en janvier 2004. En avril de la même année, Souad déclare dans le De Groene Amsterdammer : « J’ai vu ma mère asphyxier sept de mes petites sœurs. Sept ! »  

Les histoires de Souad ne font que s’améliorer à chaque fois.

Brûlée Vive raconte que Souad a vécu dans un hameau isolé, lequel était difficile à atteindre puisqu’il n’y avait aucune route définie. Cet endroit n’avait pas d'école ni de services provinciaux.

Cependant, dans une autre partie du texte, Souad déclare avoir vu son frère étrangler sa sœur à l’aide d’un cordon de téléphone dans la résidence familiale.  Les lecteurs européens de Brûlée Vive ne savent probablement pas que moins de 10% des villages de Cisjordanie possèdent des lignes téléphoniques dans les maisons privées.  Il n’existe pas un seul village n’ayant aucune route ni école, mais ayant des lignes téléphoniques avant 1980.  

Par conséquent, Souad est dans l’erreur sur où elle habitait ou comment sa sœur a été tuée. D’autres caractéristiques de ce récit le classifient sous la catégorie fiction.

À un certain point, Souad déclare qu’au moment du mariage de son frère, il n’y avait que quatre filles dans la maison. Mises à part les deux plus jeunes sœurs, « trop petites pour songer au mariage, il ne restait plus que nous à la maison. Deux vieilles filles.  En ce qui concerne Kainat, j’avais le sentiment qu’elle se résignait. » Elles avaient une sœur plus jeune, Hanan, mais elle avait été tuée.

Le jour du meurtre, Souad dit : « Il est en train de l’étrangler avec le fil du téléphone.  Je me souviens de cette image comme si je l’avais vécue hier. »  Souad explique qu’ils étaient seuls dans la maison parce que « mes parents étaient allés voir la femme de mon frère » qui avait subit un avortement spontané ce jour-là.  Elle déclare également que le jour où elle fut brûlée, sa femme donna naissance à un fils. Un dialogue à son frère dit : « Et ta femme, elle va bien?  Pourquoi on m’a brûlée le jour où elle a accouché de ses fils? »

Cette chronologie d’évènements est impossible. S’il n’y avait que quatre filles dans la maison quand le frère se maria, alors Hanan, la cinquième, devait déjà être morte.  Alors comment pourrait-elle avoir été tuée alors que sa femme était enceinte ?  De plus, si comme le mentionne Souad, son frère était plus jeune qu'elle, comment pourrait-il être marié pendant suffisamment de temps pour permettre plusieurs grossesses avant qu'elle même subisse un attentat ? Au moment où elle tombe enceinte, elle dit que : « Je crois avoir dix-sept ans environ … » Son frère cadet se marie « vers dix-sept ans probablement. »

En juin 2003, Souad fait une entrevue pour Ouest France mentionnant que sa sœur Hanan a été « tuée par le frère Assad alors qu’elle a une dizaine d’années… » Mais dans le livre, Souad dit: « Ma sœur était plus mûre que moi, même si elle était plus jeune en âge. » Est-ce qu’une personne de dix-sept ans dirait cela d'une enfant de dix ans?  Une nouvelle version d’évènements fait bientôt son apparition.  En avril 2004, Souad donne une entrevue en Suisse pour le Menschenrechte fur die Frau, et explique comment sa « sœur de quatorze ans a été tuée…»

Lors d’une entrevue avec La Vanguardia, Souad déclare que : « Ma mère a planifié mon meurtre avec les hommes de la famille. Quelques années auparavant elle avait organisé celui de ma sœur. » À ce moment, elle mentionne que son amant voulait la marier : « et j’étais déjà vieille, j’avais dix-sept ans. » Dans cette version, Souad doit avoir été âgée de quatorze ou quinze ans au moment de la mort d'Hanan, et son frère plus jeune devait avoir environ treize ans.

Dans une version tout à fait contraire, Brûlée Vive mentionne que lors de la planification du meurtre de Souad, sa mère dit que son frère est incapable : « On ne peut pas demander à notre fils, il ne sera pas capable, et il est trop jeune. »  

Au cours de plusieurs autres versions, la chronologie de cette histoire a changée près de cinq fois.

Dans le livre, le souvenir du meurtre de sa sœur lui revient à la vue d'une photographie. En raison du trauma, elle avait oublié Hanan, mais en Europe : « quelqu’un, dans une réunion de femmes, m’a montré la photographie d’une jeune fille morte, allongée à terre, étranglée par un cordon noir … J’ai eu l’impression d’avoir déjà vu quelque chose de semblable. Cette photographie me mettait mal à l’aise, non seulement à cause de cette malheureuse jeune fille assassinée, mais parce que je cherchais comme dans un brouillard à voir …ma mémoire s’est réveillée d’un coup. »

Souad étant Souad, elle présente bientôt une version différente de cette histoire.  Plus tard, elle déclare que la photographie était bel et bien celle d'Hanan elle-même.

Lors d’une entrevue avec Dimanche, publiée le 30 mars 2003, Souad explique qu’elle n’a pas seulement vu les enfants se faire tuer, mais « avait aussi assisté à une autre scène, tellement horrible qu’elle l’avait enfouie dans sa mémoire et que sans cette photographie, montrant sa sœur aînée étranglée avec le cordon noir du téléphone, elle n'aurait même pas été certaine de ne pas l'avoir inventée.»

En revanche, dans Brûlée Vive, Souad mentionne qu’aucun policier n’est venu à la maison quand Hanan a été tuée et qu’il n’y eu aucune photographie de prise pendant leur vie. Elle mentionne que « à force d’y réfléchir et d’essayer de mettre ma mémoire en ordre, je me suis rendu compte de ce que connaît ma vie en Europe. Pas d’anniversaire, pas de photographie, c’est une vie de petit animal … »

Quelle coïncidence phénoménale!  Cette personne vécue dans une maison avec aucune photographie, mais plusieurs années plus tard, en Europe, trouve par hasard une photographie du meurtre de sa sœur.

Elle décrit dans Brûlée Vive comment, dans son village, une jeune femme mourut en donnant naissance à des jumeaux. C’est une histoire touchante et en fait la seule mort naturelle connue pour Souad - toutes les autres morts dans son village sont des meurtres. Ce qui semble plutôt statistiquement improbable, mais Souad explique que « c’était normal de tuer ».

À vrai dire, lors d’un entretien mené par El Mundo en Espagne le 25 novembre 2003, elle déclare qu’elle a été témoin de plusieurs meurtres, y compris celui d’une jeune femme dans son village, qui fut tuée parce qu’elle était enceinte de jumeaux.  Le seul exemple de mort naturelle était alors, dans cette adaptation, devenu un autre meurtre.

Dans Brûlée Vive, Souad insiste sur le fait que sa mère et toutes les femmes de sa communauté, n’avaient aucune éducation. Elle explique que les femmes n’avaient pas le droit de lire ou d’écrire « nous étions garder analphabètes. » Lors d’entrevues suivantes, elle décrit que publier Burned Alive est une forme de revanche pour elle et elle déclare au El Mundo: « Maintenant, il sera vendu  à Israël et je souhaite que ma mère le lise et ses voisins… »

Il se pourrait que Souad, elle-même, ait besoin de relire Brûlée Vive afin de rafraîchir sa mémoire sur son témoignage.


Conclusions

Mises à part plusieurs contradictions surprenantes, il y a un autre problème quant à la véracité de Brûlée Vive. Chacune des scènes de ce mémoire sont rapportées avec plusieurs erreurs lesquelles semblent indiquer que l’auteure n’est pas vraiment familière avec la vie dans un village de Cisjordanie.  

Souad commet des erreurs dans ses comptes rendus de simple tâches telles que faire du thé - elle raconte chauffer l'eau à l'extérieur dans le jardin et de le verser par la suite dans "la théière". Mais les Arabes n’utilisent pas de théière, ils font le thé directement sur le poêle. Souad mentionne avoir dû travailler dur dans les vergers, « je ramasse consciencieusement les figues au bord de la route…ramassant les figues à terre ». En Cisjordanie, les figues ne sont jamais ramassées depuis le sol, elles sont si fragiles qu'elles doivent être coupées de la branche. Si elles tombent au sol, elles sont gâtées.  Souad déclare que les femmes arabes ont une tradition : « On n’épile pas les jambes ni les bras, uniquement le sexe. »  En réalité, la tradition est différente - tous les poils du corps sont épilés. Aucune autre femme arabe ne laisserait de poil ailleurs sur son corps. On peut constater que Souad est familière avec la France, où le couscous est le plat arabe le plus commun. Souad mentionne qu’il était servi lors d’un mariage palestinien. Cependant, le couscous est un plat algérien.  Maftoul est le plat palestinienne.  

Les erreurs de ce genre se retrouvent en profusion dans Brûlée Vive - des erreurs linguistiques, géographiques et des erreurs de coutumes quotidiennes.  Au cours de son récit, Souad a fait plusieurs erreurs - sur le nombre de meurtres desquels elle a été témoin, du nombre de sœurs elle a eu et sur son état lorsqu’elle a été brûlée - vierge ou enceinte. Fait-elle erreur au sujet de sa nationalité palestinienne également ?

Un seul moyen peut vraiment prouver que Souad est, en réalité, Palestinienne de Cisjordanie. Si elle était questionnée en arabe, elle pourrait facilement prouver ses origines ethniques.  Malheureusement, cela est impossible. Comme elle l’explique au Die Weltwoche en 2004: « Je ne suis plus Arabe, je suis maintenant Européenne…Je ne parle plus arabe. »  Lorsqu’elle fut questionnée par l’intervieweur, elle fut incapable de traduire un seul mot. Elle va même jusqu’à déclaré à un journal anglais qu’elle a « oublié » la langue.  

Souad dit qu’elle vit dans la peur : « Peur que sa famille apprenne qu'elle est toujours en vie et la retrouve pour la tuer à nouveau. »   Pour cette raison, elle couvre son visage pendant les entrevues. Cependant, dans une entrevue pour L'Express en mars 2003, elle explique: « Mon plus grand souhait serait que mon livre soit publié dans ma région natale, pour que la population prenne enfin conscience que tout cela n'est pas “normal”. »

Si le récit de Brûlée Vive est un compte rendu fidèle, alors les personnes concernées sauraient qui elles sont et se reconnaîtraient sans difficulté.  Est-ce qu'il est possible de croire qu’une famille ayant une histoire aussi particulière et dramatique ne réaliserait pas que son histoire est vendue sur le marché international?

Au cours de mes recherches sur le sujet, j’ai communiqué avec Fondation Surgir et Terre des Hommes, les deux œuvres de charité mentionnées dans le livre.  J’avais quelques questions à leur poser. Terre des Hommes a refusé de confirmer, par écrit et sur papier à correspondance officielle que l’histoire décrite dans Brûlée Vive était un véritable récit. Plutôt que d'authentifier Brûlée Vive, ils ont déclaré « nous ne sommes pas responsables de cette histoire ou de la façon qu’elle est racontée. »  

La Fondation Surgir a refusé de répondre à mes questions. Ils n’ont même pas voulu me dire s’ils étaient ou non une œuvre de charité enregistrée avec un conseil d'administration.

Il y a plusieurs raisons de se méfier des mémoires, même ceux acclamés par les universitaires et les médias.  Un livre après l’autre est déterminé comme étant infidèle, faux. Dans le cas de Brûlée Vive, il y a de sérieux doutes quand au texte complet.




Thérèse Taylor enseigne l’histoire à l’université Charles Sturt en Australie. Elle est l’auteur de la biographie  d’une sainte Française. “Bernadette of Lourdes: Her life, death and visions.”(Continuum, London 2003)

Comments   

Souraya Qaher
#1 Récit Réel ou FantasmagoriqueSouraya Qaher 2013-10-05 12:46
Je n'ai pas terminé la lecture du bouquin mais il me semble que ce que vous avanciez soit plausible. Je ne connais pas la Cisjordanie mais je pense que même s'il existe des villages reclus comme celui décrit pas Souad, c'est difficile de croire que tous les villageois tuent les bébés parce qu'ils sont des filles ou maltraitent sadiquement leurs propres filles.
Ce qui m'a alerté au départ ce sont les scènes où Souad décrit comment elle était battue par son père qui est allé jusqu'à l'attacher avec sa sœur dans l'écurie. Aussi le récit du “meurtre” de Hanan semblait être fantasmagorique. Et comment quelqu'un même s'il a subit de maints traumatismes oublie sa langue maternelle? En fait, pourquoi ne nomme-t-elle pas les choses clairement? Si elle avait oublié le nom du village alors la femme qui l’avait sauvé devra certainement le connaitre? Souad ne dit-elle pas qu’elle veut se venger alors pourquoi ne pas divulguer le nom du village pour que les auteurs présumés des “crimes” rapportés dans “Brulée Vive” ne soient pas emmenés devant la Justice?
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ikram
#2 souadikram 2014-12-04 14:45
:cry: :cry: :-? :-? ;-) :-)
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